J'ai eu le malheur un jour de croiser la route d'un monstre...
C'était un 29 décembre, j'avais 18 ans et je l'aimais comme jamais je n'avais aimé personne auparavant. Pour moi c'était lui et pas un autre, c'était lui avec qui je voulais être, lui avec qui je voulais passer ma vie.
Au début je n'ai rien vu, tout me semblait normal, presque parfait même.
Mais soixante-neuf jours plus tard et sans le savoir j'entrais dans le cycle infernale de la violence conjugale. Cela nous ramène donc au 9 mars, jour où j'essuie ma première insulte "connasse". Oui, je n'ai rien oublié, ni la date, ni l'heure, ni le lieu, ni rien du tout. Je sais juste qu'aujourd'hui encore je ne comprend pas pourquoi et pour quelle raison j'ai eu droit à cette insulte. Non... On était dans sa voiture, on attendait le retour de ses amis. Il était derrière, j'étais au volant, il était saoul, j'étais sobre. Puis ce mot, incomprehensible, venu résonner dans mes oreilles. J'ai eu peur, je suis sortie de la voiture, adossée à la portière, je pleurais. Il est sorti de la voiture à son tour et m'a dit "dégage". Je suis allé un peu plus loin et tout en pleurant je m'en rappelle ce soir là avoir regardé le ciel en haïssant l'amour et en me demandant pourquoi celui que j'aimais le plus était celui qui me faisait le plus de mal.
A partir de se moment là s'en est suivie crescendo, au fil des mois, une pression psychologique constante... insultes, humiliations, intimidations... J'avais pris l'habitude d'être manipulé, dénigré, rabaissé, blessé, trompé... Il prenait soin de se poser en victime et de retourner chaque fautes ou chaque disputes sur moi, il avait réponses violentes à tout. J'étais sous son emprise, parce que je l'aimais, mais je crois aussi et surtout parce que malgré tout ce qu'il me faisait vivre je voulais l'aider, j'avais compris sa souffrance et ma plus grande faute aura été d'avoir toujours cherché à essayer et de m'être toujours posé la question du pourquoi.
Le 23 août m'aura été fatale, à force de trop vouloir croire que les choses finiraient bien par s'arranger, j'ai vu ce soir là que si je restais ce serait été moi qui était en danger, j'ai flirté avec la mort et au final j'y aurais laissé ma vie. Ce soir là, la chance m'a appris que je méritais mieux, que j'avais encore trop de choses à vivre, à donner, à apprendre... Je savais maintenant que mon bonheur m'attendait autre part...
Alors je suis partie...